Interview de M. Marchand du SNKG (membre de OK)

Robert Marchand, du Snkg, bonjour !
· Que s’est-il passé en 1973 et pourquoi ?
RM : En 1973,le SNKG est né à l’initiative de Bernard Vigourt et sous l’impulsion du Docteur Dogué, dynamique secrétaire des médecins de groupe (SNMG avec le docteur Junod comme Président). A cette époque, les cabinets mono ou pluri-disciplinaires poussaient comme des champignons avec une méconnaissance totale des risques d’une législation très floue notamment en matière fiscale (TVA). Par ailleurs, le syndicat unique de l’époque, à savoir la FFMKR, se souciait assez peu de ce nouveau phénomène, elle n’avait en face aucun contre-pouvoir ( le SNMKR apparaîtra en 1974).L’idée de transprofessionnalité était née ! UNAPL, CNPL, et à fortiori UNPS allaient suivre, bon nombre d’années après. L’idée de maison médicale a depuis fait son chemin…
· « Kinésithérapeute de groupe » ça signifie que si je travaille seul, je dois aller voir
ailleurs ?
RM : Nous avons gardé le sigle SNKG par fidélité aux fondateurs, il faut reconnaître que cela nous coûte cher en terme d’adhésions, alors que nous accueillons bien entendu les individuels.
Notre objectif aujourd’hui est de fédérer les groupes ou individuels porteurs d’idées nouvelles. Ainsi nous avons participé à la création d’OK puis de l’Union avec le SNMKR. L’expérience nous a montré qu’ hélas ! Il faudra beaucoup d’années pour supprimer les modélisations syndicales du passé, porteuses de pensée unique ou d’ambitions personnelles.
· Qu’est ce que la représentativité d’un syndicat ?
RM : Le fait d’être représentatif enlève une grande partie de la liberté d’expression, le lissage consensualiste est de « bon ton ». Ne pas l’être condamne à crier dans le désert certes, mais permet de rester l’ardillon, énervant tutelles, politiques et gros syndicats.
Nous nous sommes battus inlassablement pour obtenir une représentativité élective et abolir le pouvoir des clans. Aujourd’hui, c’est chose quasiment faite avec le risque que cela ne change rien !
· En être privé pour un syndicat, c’est comme lancequiner dans un violon, non ?
RM : Vous savez comme moi que les consultations professionnelles ne sont pas flores, d’autant que les cotisations ordinales plombent le budget et que le pouvoir a plus besoin de chambres d’enregistrement que de vibrions inventifs trop remuants !
· Vos idées sont-elles reprises parfois ? Quelle est votre visibilité, votre utilité ?
RM : La science nous a appris que pour qu’une nouvelle théorie soit reconnue, il faut attendre que tous les partisans de l’ancienne soient morts! Nos « adversaires » ayant le même âge que nous, vous seuls pourrez dire si nos interventions ont fait avancer le shmilblick ! Les faits ne progressant pas de façon linéaire mais fractale, nous avons une petite chance de connaître un frémissement de changement, si votre génération se bouge les fesses ! ....
· A quoi servent tous les autres petits syndicats, après les deux majoritaires ?
RM : Les petits syndicats permettent d’exprimer les choses différemment et d’iriser un consensualisme isoplane.
· Si tu as déjà mis les pieds au ministère, y as-tu reçu une oreille attentive?
RM : Pas besoin de représentativité pour être reçu au Ministère où l’on a en général une oreille polie. Les propositions y sont traitées d’un derrière distrait puisque les solutions sont déjà pré-existantes et déterminées par nos fonctionnaires, quelle que soit d’ailleurs la couleur du gouvernement !
· N’as-tu pas l’impression que les poids lourds ont déjà bouffé tous les petits fours et que tu tiens la chandelle ?
RM : Que les poids lourds aient bouffé les petits fours m’a permis de garder la ligne! Parfois lorsque tu tiens la chandelle, les autres font une drôle de bougie! L’important est d’être témoin de leurs turpitudes, et de les transmettre, ceci est aussi un privilège d’une représentativité régulièrement contestée…
· Qu’est-ce qui te fait courir après tant d’années, une rosette ?
RM : Que l’on se batte pour la « rosette » me fait rire, sauf bien sûr celle de Lyon. Que certains aient besoin de colifichets, rubans, considérations politiques voire maçonniques ne m’intéresse pas. Le lobbying des idées nouvelles partagées dans des ambiances conviviales suffit à mon bonheur. Toutes ces ambitions, ces lobbying, sont à mon sens un frein à l’évolution sociale, mais nous sommes bien obligés d’en tenir compte. Face à cela, il faut dérision et rigolade garder…
· As-tu été de suite emballé par l’Ordre ? N’avais-tu pas des projets en ce sens ?
RM : Le SNKG était le seul syndicat à être opposé à la création de l’Ordre, non pas que ses fonctions ne fussent pas essentielles, mais le modèle nous paraissait périmé. Avec la complicité du syndicat MK France, nous avions initié un sondage à 36000 kinés en 1997. Il en ressortait que les professionnels auraient préféré une chambre regroupant l’Ordre et un certain nombre de fonctions dévolues aux syndicats, une sorte de guichet unique pour une cotisation raisonnable et obligatoire.
Après avoir comme vous, écrit des salves contre l’Ordre, il me semble que les arguments développés par les « anti » dix ans après sont en décalage. L’Ordre est à préserver, à améliorer. Nous n’avons pas perdu espoir de le voir évoluer vers une chambre, même si le cabinet Bachelot n’a pas daigné nous entendre sur le sujet !
Les critiques actuelles sont un tantinet démago et mal renseignées. On peut se poser la question de savoir si un syndicat tel Alizé aurait vu le jour si les employeurs de nos confrères salariés avaient été dans l’obligation de prendre en charge leurs cotisations ?
Vouloir détruire l’Ordre serait stratégiquement se tirer une balle dans le pied et retourner vers la toute puissance de certains syndicats. Si les libéraux n’ont pas été brillants dans le maintien de notre pouvoir d’achat, les syndicats de salariés n’ont guère été plus efficaces ! S’il s’agit d’un débat politique « gauche vertueuse, droite salope », c’est une histoire que nous ne méconnaissons pas, car plusieurs fois depuis 1973, les propositions se sont inversées!
· Retourner vers la toute puissance de certains syndicats… Mais puisque ce sont eux qui se refilent et partagent les maroquins, ça change quoi?
RM : …
· Si tu coupes l’herbe sous le pied des syndicats, pensais-tu sincèrement qu’ils allaient appuyer cette idée ?
RM : Cela ne supposait pas la disparition des syndicats, bien au contraire. Ces derniers sont là pour générer des idées et aller au combat, ce qui n’est pas le rôle d’une chambre, là pour gérer. Nous comprenons que nos propositions aient pu inquiéter de gros syndicats ayant investi dans un patrimoine social et immobilier, mais là encore, les promoteurs de l’Ordre dans lequel bon nombre de dirigeants ont trouvé refuge, rien ne les empêchait d’anticiper. Rappelons que beaucoup d’entre eux se sont enorgueillis de leur bonne gestion de la CARPIMKO ou de leurs avancées conventionnelles dont on peut admirer les résultats! Leur leitmotiv : « Sans notre action c’eût été pire », et de brandir le spectre du conventionnement individuel…
· Quand un président sortant perd une élection, c’est bien de lui créer un poste de vice-président pour le maintenir au chaud ? A ce rythme les futurs 700 m2 dans les favelas parisiennes vont vite être exiguës ? Ils le vivent comment de dilapider l’argent de leurs confrères ?
· RM: Nous aimons la forme agressive de ces questions mais nous ne souscrivons pas à leurs présupposés; en effet les confrères qui se sont investis dans cet Ordre déblaient une friche qui parfois les dépasse! Contrairement aux idées instillées, ils travaillent beaucoup pour une rémunération assez éloignée de ce que l’on veut bien en dire, et nous ne pensons pas qu’ils dilapident. En revanche, il est certain qu’ils doivent améliorer leur communication ce à quoi ils n’ont pas été formés de par leur origine syndicale concurrentielle.
(ndr : c’est sûr que les nouveaux loyers, c’est plus facile avec l’argent des potes…)
Que Pierre, Paul ou Jacques en tire une gloire éphémère ne nous inquiète pas car avec d’autres prénoms, la nature humaine nous démontre que cela ne changerait rien !
· Quand tout le monde aura fini par payer son impôt ordinal, combien restera-t-il des dix pour-cent de la profession dans les syndicats ? C’est pas un peu la panique ?
RM : Autrefois les syndicats avaient la double casquette. Aujourd’hui, ils ont laissé à l’Ordre une grande partie de leurs prérogatives en oubliant de revoir leurs cotisations à la baisse. A notre avis le risque est grand de désyndicalisation massive, tant pour les gros que, par amalgame, pour les petits.
· Tu as confiance dans l’avenir de la profession ?
RM : La pérennité de notre profession passe évidemment par la qualité de notre formation, sans laquelle la lutte contre l’exercice illégal reste un repli identitaire injustifiable.Je suis parfaitement optimiste sur l’avenir d’une profession jeune à condition que les jeunes s’investissent dans sa promotion plus que dans sa défense. S’ils choisissent l’exercice libéral, ils ne peuvent prétendre aux avantages sociaux ( ?) des salariés. Quel que soit l’exercice choisi, c’est la patientèle qui tranche toujours !
· Certains oracles nous prédisent un démantèlement de la kiné pour des raisons d’économie budgétaire. Il y a plein d’autres professionnels intéressés par nos actes. Tu y crois ? La formation actuelle est-elle encore à la hauteur ?
RM : Afin de bouleverser cette situation, il est plus que temps de renforcer notre formation de base.Tous les items développés par la formation continue depuis des années devraient en faire partie: uro-gynéco, thérapie manuelle, toutes les techniques de massage etc. Notre vraie identité ne doit pas dépendre de la HAS mais bien d’une Académie de Kinésithérapie. Les ostéopathes non soumis à convention l’ont compris depuis sept ans !
· Alors qui freine la création d’une Académie ?
RM : Cette Académie devra être indépendante de l’Ordre et des syndicats. Quels obstacles à un tel projet ? Le financement? Plus sûrement un manque de leaders compétents, et un manque de volonté politique.
· Et le LMD ?
RM : A défaut de pouvoir s’inscrire dans la démarche LMD, le SNKG a toujours proposé la
labélisation de notre profession par nous-mêmes. Pourquoi pas un diplôme d’études supérieures en kinésithérapie certifié par l’Ordre, comptabilisant un certain nombre d’unités de valeur ? A force de vouloir éviter une spécialisation le patient ne sait plus qui fait quoi et tombe facilement dans les mains du parallèle mieux formé ! Rappelons que les élèves issus de grandes écoles ne sont pas des universitaires et n’en rougissent pas !
En ce qui concerne le LMD respecté partout en Europe sauf chez nous (encore la subsidiarité), il en coûterait un peu plus de 200m d’€, soit l’équivalent de la prime à la casse des automobiles, ou bien encore les indemnités de B.Tapie !
· Crois-tu que le quidam qui se sera coltiné 4 ou 5 années d’études acceptera des actes à 15 euros ?
RM : Nous défendons depuis toujours l’acte unique, bilan compris, à un minimum de trente €, ainsi que des tarifs de déplacement identiques pour toutes les professions de santé. Cela n’engendrerait pas une progression arithmétique, mais sans doute une récession des actes redondants dont le but est de faire bouillir la marmite.
Les kinésithérapeutes font ils face aujourd’hui à la demande du public, ou sont ils simplement obsédés par « M. Raide de fric Vent de Requiem » et ses tarifs du siècle dernier ? Pour être capables de monnayer leur talent à sa juste valeur, il est temps de comprendre qu’il faut faire face à une concurrence décomplexée qui trouve preneur. L’ AMS, dit Acte en Monnaie de Singe, tout à cent balles, ou le C à 22€ après sept ans d’études s’essoufflent et commencent à trouver de moins en moins de candidats !
· Et la grille salariale dans tout ça ? Ca risque de carrément coincer dans l’option gouvernementale actuelle. Restera-t-il des kinés à l’hôpital si tu les remplaces par des Staps et des Aides-Soignants payés le SMIC .. ?
RM : Un coach, un Staps dites vous? A notre avis c’est un épouvantail brandi par des libéraux qui oublient qu’ils peuvent en faire autant à condition de polir sans arrêt leurs compétences. C’est donc à un professionnel bien formé de monnayer son talent et non à la Sécu de trouver d’autres modes de rémunération pour ce qu’elle considère en fait comme des « pousse mégots ».
Si l’on payait le patron de la Sécu au mérite, pourrait-il prétendre à autre chose qu’une prime de licenciement !?
Une fois encore c’est la désaffection qui fera bouger les choses, confere la pénurie de médecins généralistes. A ma connaissance on n’a pas encore créé de « médecins aux pieds nus », mais on commence à parler de transfert de compétences. Il ne pourra pas en être autrement pour tous les professionnels de santé qui oublient un peu vite qu’ils ne vivent pas en vase clos.
· Comment être efficace alors pour défendre la profession ? Si les syndicats étaient efficaces, ça se saurait ? Entre l’ASV, la lettre-clé, les indemnités de déplacement, elles sont où les victoires ? Les kinés vivront encore des soins conventionnés ou bien il faudra avoir une double activité ?
RM : Il ne s’agit pas d’avoir le conventionnel géré par la pitié, excepté le salaire des hauts cadres de la Sécu, d’un côté et une activité annexe pour croûter de l’autre, il s’agit d’une seule profession grevée au fil du temps par les pseudo négociations léonines.
· L’ostéopathie ?
RM : Notre position sur l’ostéopathie n’a pas varié. Née de la passion de nos confrères et de quelques médecins, elle s’est développée grâce au talent reconnu par la population.
· En spécialisation? Et les ni-ni ?
RM : Face à la récupération éhontée de certains syndicats qui les vilipendaient, et qui découvrent aujourd’hui par miracle que l’ostéo n’est qu’un aléa de la kiné, une cousine germaine que l’on aimerait bien frayer, les ostéopathes exclusifs ont pris la décision de défendre leur discipline en en faisant une profession, et pas une non profession comme le suggère la loi ! Nous ne partageons pas ce point de vue, bien que nous comprenions la démarche. Nous avons toujours défendu un tronc commun jusqu’en licence pro, puis un choix à partir du master avec des passerelles. Le pouvoir a préféré vassaliser d’un coup les deux professions pour préserver des intérêts particuliers sur lesquels nous ne reviendrons pas.
· Ils sont tous nuls ?
RM : Les NI-NI, je rappellerai qu’accessoirement ce sont des êtres humains qui pourraient être nos enfants, et je trouve inacceptable la façon dont certains professionnels fiers d’avoir un Ordre, sont capables de les traiter. Le pouvoir leur a concédé une sous-formation, sans garantie de numerus clausus. Ce pouvoir a d’ailleurs prévu des sous-sous-médecins, cela s’appelle des kinés, infirmiers etc. Si cela réconforte les kinés de penser que leur bac plus deux est supérieur à cinq années d’enseignement de l’ostéo, grand bien leur fasse! Si leur seule défense est un repli identitaire, la réalité future risque de les faire encore une fois tomber de haut !Plutôt que blâmer les ostéopathes, on ferait bien de s’en inspirer. Ils savent que leur seule chance de survivre est de développer un très haut niveau de formation et non pas d’attendre les référentiels d’une hypothétique HAS ou les remboursements éthiques d’actes nomenclaturés et quasiment immuables en valeur absolue jusqu'à disparition!
· On en fait quoi alors ?
RM : Le manque de numérus clausus amènera l’embolie progressive de la profession d’ostéopathe ; là encore la sagesse amènera-t-elle des parents à financer cinq ou six années d’études pour précipiter leurs gamins au chômage? La paupérisation a déjà commencé. N’était ce pas le but des promoteurs de ces décrets qui n’ont de stupide que l’apparence ?
.Toi qui es un vieux renard, il faut une double comptabilité si on a une double activité ?
RM : Pour ce qui concerne la compta, nous préconisons la tenue de deux comptabilités.
· Pourquoi ? C’est pas toujours ce que l’on entend…
RM : Il est impensable qu’un syndicat ayant essuyé un revers en conseil d’état sur le sujet Pam-Rsi, continue d’envoyer droit dans le mur des praticiens que de plus il ne défendrait pas !
· Des bruits courent comme quoi on devrait cotiser au RSI, pour balle-peau finalement.Ne pourrait-on pas envisager deux taux de cotisations via les Urssaf, tout simplement. Il est où le problème ?
RM: Le problème est interne à l’URSSAF. PAM-RSI c’est aussi simple qu’ASSEDIC-UNEDIC c’est tout dire; eux-mêmes ont bien du mal à s’y retrouver. Si la convention n’est plus respectée: ASV, RSI, Tarifs, que les signataires expliquent plutôt à la profession pourquoi ils ne la dénoncent pas? La réponse serait-elle dans la question ?
· Peut-on exercer la kinésithérapie et l’ostéopathie ou bien faut-il renoncer à l’une des deux activités ?
RM : Il est naturel qu’au cours de ses études, le futur ostéopathe expérimente des techniques apprises en cours, il est normal que le professionnel, compte tenu d’engagements passés ne puisse pas changer d’option du jour au lendemain. Il n’y a aucune raison de renoncer à un diplôme chèrement acquis; connaissez-vous beaucoup de spécialistes qui renonceraient à leur titre de médecin? Notre expérience nous montre que très rapidement, il faudra faire un choix au risque de devenir incompétent tant en kiné qu’en ostéo. Dans cet esprit, nous ouvrons grand les portes de notre syndicat aux kinés et ostéopathes sachant que nous ne défendrons jamais un kiné et ostéopathe qui prétendrait au remboursement total ou partiel de ses actes sous couvert de kinésithérapie.
· Il a servi à quoi ton combat, Robert ?
RM : Sans aucun doute notre intervention a-t-elle comme d’autres fait évoluer les choses, sans qu’au final personne ne puisse s’attribuer une quelconque paternité! Comme aime le rappeler B. Vigourt, nous avons vécu une « utopie saine ! » nous sommes donc tout aussi fiers que ceux qui n’ont pas bougé le petit doigt.
· Tu n’as pas mal au foie de toutes ces colères, toute cette bureaucratie et ses petits intérêts privés ?
RM : Trente années de colère n’ont bizarrement pas détruit mon foie! Sans doute que ces colères étaient fondées. Je persiste à croire que l’action syndicale se fait souvent au détriment de la famille ou d’autres loisirs, tout autant que soixante heures de servage par semaine !
· Vas-tu dans des réunions où on t’appelle frère? C’est ça qui a bloqué à un moment donné ?
· RM Je fréquente des endroits où l’on ne m’appelle ni frère ni soeur! La « fraternité »( ?)maçonnique n’a sûrement pas l’importance que l’on veut bien lui donner. Sans doute elle existe comme tant d’autres lobbyings, si ses tenants font changer les choses en mieux… Les blocages sont juste au niveau du dessus, c'est-à-dire les politiques et les énarques qui comme vous ne le savez pas forcément, oeuvrent pour notre bonheur!
· Des regrets ?
RM : Mon plus grand regret est d’avoir pu, à cause de mon écriture dérisoire, blesser des personnes car le but était souvent le mot pour le mot, ou la dénonciation de situations. De ce fait, je ne me suis pas autorisé à faire demander par d’autres ma légion d’honneur !
· Et la relève, tu l’as vois comment ?
RM : Mon plus grand plaisir est de découvrir avec votre existence que la relève est assurée! Et que vous aussi vous souhaitez mettre l’apathie en danger! Quarante années d’enseignement des arts martiaux m’ont appris à préserver mes seniors tout autant que mes juniors et respecter mes partenaires. Le plus grand bénéfice que j’ai tiré de l’action syndicale, est d’avoir préservé un sentiment de révolte permanent contre l’iniquité et la connerie !
· De quelle manière ? On reproche aux Skuds d’être anonymes, tu sais à qui tu parles, là ? C’est vraiment un problème de ne pas connaître notre état civil et nos mensurations ?
RM : L’anonymat me gêne en ce qu’il peut être dommageable pour vous. Les Ninjas avançaient masqués, mais travaillaient sur commande. Certains vous attribuent des ascendances qui vous étonneraient! Voire des compromissions ou de la provoc etc. Le fait que je satisfasse à votre interview ne me crée pas que des amis et ça j’adore !
· Le mythe du syndicaliste masqué qui balance… Vous craignez à ce point les chausse-trappes entre vous ?
RM : …
· Si je te dis « luxation et fêlure », ça te fait penser au boulot ou bien à autre chose?
RM : J’ai confié à Hercule, mon attaché de paresse, la notion de « fêlure et de luxation », car je sais qu’autrefois cela me passionnait mais à présent, je ne sais plus pourquoi!
(ndr : ça c’est pour les initiés…)
· Elle est pas belle la mer ?
RM : Si, c’est l’amer qui serait moche !
(ndr: Pourtant l’amer est le repère du marin; ce que l’on aimerait que l’ordre fût…)
RM : En vous souhaitant de bonnes fêtes et du succès dans vos entreprises je vous envoie cette pensée de Matsuo Basho qui convient parfaitement à votre démarche :
« NE SUIS PAS LES TRACES DES ANCIENS.
CHERCHE CE QUE EUX CHERCHERENT »
Robert Marchand et toute l’équipe fidèle du SNKG qui m’excusera d’avoir utilisé la première personne pour réaliser cette interviouve!