Indexation HAS
A quel moment avons nous basculé de l'obligation de moyens à l'obligation de résultats?
Les MKs, depuis leur création, ont conventionnellement l'obligation de mise à disposition des moyens techniques et matériels à la rééducation de l'assuré social.
Depuis l'introduction des référentiels HAS ( haute autorité de santé) en indexation de nos actes (introduction du titre 1 de notre convention 2006) la recherche de la rentabilité (efficience dans le langage pompeux) fait progressivement son nid dans le domaine de la santé. Cette bascule insidieuse s'opère à chaque nouvelle recommandation HAS. Objectifs à atteindre, évaluations, rentabilité, profession subventionnée, tels sont les nouveaux termes auxquels il faudrait s'habituer.
Tous se passe comme si nous étions en secteur homme/machine. or le problème, l'adéquation impossible de la HAS est la mesure de la relation praticien/patient dans le soin. Car nous sommes deux à intervenir dans le traitement et le résultat de la rééducation: le praticien et le malade.
Selon bien des critères propres à chaque patient, propre à la communication avec le praticien, les résultats fluctuent et ne sont pas entièrement le fait du professionnel.
Et ce n'est pas l'éducation thérapeutique au patient (ETP) qui comblera cette dimension. Cette ETP sera d'ailleurs transformée en arme de gestion (1).
De ce fait la HAS et donc l'assurance maladie, semblent avoir décidé d'ignorer purement et simplement cette aspect.
Il découle de ce qui précède que les propositions émises et validées par la HAS concernant la limitation des actes (articles 34 puis 42 de la PLSS 2009) sera de toutes façons restrictive par rapport à la réalité des soins. Ne pouvant pas forcer le résultat au-delà des critères rattachés au patient ( nervosité, angoisses, syndrome AND, etc..), nous lâcherons dans la nature une population d'éclopés.
Cette population d'éclopés pourrait avoir le choix de continuer les soins au delà de ce nombre de séances fixées sans en être remboursé. Il s'agirait donc de savoir si ces assurés seraient obligé ou non d'avoir une prescription médicale pour continuer. Dans le cas contraire, nous serions de facto en première intention thérapeutique et donc dans l'impossibilité légale de soigner le patient.A moins de modifier ce dernier point.