Le cinquième trou de la sécu
Déficit, augmentation des dépenses, trou de la Sécu... Sempiternelles balivernes que l'on nous sert afin de donner mauvaise conscience et justifier les coupes budgétaires. En attendant, le budget de fonctionnement de l'Elysée ne cesse de croître sans que cela n'émeuve vraiment.
La Sécu manque de sous? Forcément si l'Etat voyou et menteur payait ce qu'il devait, les arriérés et leurs intérêts, peut-être le trou deviendrait-il une bosse? Par exemple, les taxes prélevées sur le tabac (9,4 milliards d'euros en 2007) ne sont pas versées à la Sécurité Sociale (en fait la CNAM) comme il en avait été décidé ( lire ici).
L'Etat a choisi de redistribuer le produit de ces taxes à la CMU (4,3%), au budget de l'Etat (8%) et... 52,4% au FFIPSA. Mais qu'est-ce donc que le FFIPSA? Un bidule créé en 2005 (pour en remplacer un autre) mais mis en liquidation depuis (et repris par la MSA) qui sert tout simplement à payer les prestations sociales des exploitants agricoles! Un peu comme la compensation nationale de la Carpimko (voir notre article à ce sujet) Ah ces chers agriculteurs que l'on caresse dans le sens du poil depuis De Gaulle! Le tabac est une chose, mais il en va de même pour les taxes sur l'alcool, les industries polluantes et le reste.
Pour notre pomme, c'est directement 10% de majoration au moindre retard de paiement à l'Urssaf ou la caisse de retraite. C'est comme ça, il y a des baiseurs et des b...
En décembre 2008 « Les Echos » nous apprennent également que la SS, paraît-il en déficit de quelques 20 milliards d'euros, va aider au financement du Fond Stratégique d'Investissement (FSI), un organisme tout nouveau chargé d'aider des entreprises à investir. Peut-être Bolloré? On est très contents et soulagés (de notre argent) pour elles.
Le pognon existe donc (on le savait). La seule chose c'est qu'on le fait passer de l'Acoss (agence centrale des organismes de sécurité sociale) à la Caisse des Dépôts et Consignations, puis au FSI, au financement de la MSA: ni vu ni connu je t'embrouille, ton billet sous le gobelet n'est plus là! On nous a inventé subtilement tout un ensemble de vases communicants où les usines pétrochimiques de Feyzin ressembleraient presque à notre bidet.
Il est tellement plus simple de jeter l'opprobre sur notre profession afin de la démanteler sans état d'âme. Quand nous annoncions la mort de la kiné il y a à peine un an, on nous accusait de crier au loup, d'être pessimistes, alarmistes, populistes. Que n'aimerions-nous pas avoir eu tort! Malheureusement, pas un jour ne passe sans que nos craintes soient justifiées.
L'Etat manque à ses devoirs, lançant à nos syndicats des os à ronger sur lesquels ils se perdent, totalement dépourvus de la moindre clairvoyance et de vision lointaine. Mais se battre pour des centimes d'euros sur la lettre-clé ou la création d'un ordre qui leur donne alors une certaine importance, il n'y a pas de problème.
Il n'est pourtant pas très compliqué de comprendre qu'un Staps (par exemple), payé 8 euros quand nous en coûtons 15, est l'avenir. Alors on commence par instaurer un numerus clausus suicidaire et on pallie -momentanément- au manque d'effectifs par des ressortissants de l'UE. Même l'ostéopathie, discipline que nos aînés ont développé en France est en train de nous échapper.
Il y a longtemps que nous aurions dû montrer les dents et même mordre. Au lieu de cela, un aréopage de gentils niais (pardonnez-moi l'oxymore) sensés nous représenter n'ont pas compris le piège dans lequel ils se sont laissés embringuer.
Il me vient à l'esprit qu'au Ministère de la Santé ils ont dû s'en payer de bonnes tranches de fou-rire en organisant leur dîner de cons...
Vorz
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