La logique de l’échec Acte Deux

Publié le par Kiné Skud

  

La chronique

   de Léon


Acte Deux : l’Ordre

 



Nos deux Laurel et Hardy « représentatifs », FFMKR et SNMKR, sont entre les paluches viriles de l’Ordre, se pâmant comme vierges tourmentées sous l’appel du mâle. Nous n’avons donc aucun salut à attendre d’elles, puisque leur cervelle plafonne dans l’immédiat au niveau du plancher hormonal.


Un exemple parmi cent; l’avocat (qui ne se mange préférentiellement jamais trop vert) du SNMKR est aujourd’hui également celui de l’Ordre. C’est tellement plus pratique de pouvoir travailler les dossiers en commun…


Personne dans ces centrales, qu’il en soit président ou grouillot seconde pompe, ne peut s’aventurer à énoncer une opinion contraire à l’Ordre, ou juste émettre une réserve sur son (in)action, puisque ce serait se retrouver de facto au ban de son syndicat, et généralement, de manière assez peu respectueuse des modalités légales ou des simples égards dus à la personne.


Ici, depuis l’Ordre, on lève le doigt pour aller aux latrines…




Cette situation, cette impaction des intérêts mutuels entre l’Ordre et nos deux centrales représentatives, est bien fâcheuse pour la défense de la profession qui, du coup, n’en a plus (l’actualité depuis trois ans n’est-elle pas là pour nous le rappeler ?). Mais ni vous ni moi nous n’y pourrons rien changer puisque peu ou prou les hauts dignitaires de nos syndicats sont également ceux de l’Ordre, et inversement. Dès l’origine, on versa dans le vice. 


L’Ordre, et nous l’avons bien vu au procès de Toulouse ou dans sa manière liberticide de faire pression sur leur hébergeur pour tenter de fermer illégalement le site des Skuds, est avant tout brutal et autocrate et assez peu enclin spontanément à respecter ce qu’il nous demande pourtant de respecter : la Loi.


Pourtant l’Ordre, cet Ordre-là, va disparaître - ça n’est qu’une question de temps - car personne ne peut s'établir durablement, même à la force des baffes, avec autant de casseroles punaisées à son royal séant et un tel rejet populaire.


A trop vouloir le « blanchir » vaille que vaille, ce que ne saisissent pas encore nos deux syndicats « représentatifs », c’est que l’Ordre les entraîne avec lui dans sa chute. Car loin d’être l’avenir radieux de la profession, l’Ordre est avant tout la pierre d’achoppement sur laquelle le métier se clive et se fracture. Mais également les syndicats.


Déjà les guerres intestines font rage, les complots sanguinolents se trament sous les arcanes, les croche-pattes s’affûtent, et les Borgias astiquent leurs fioles. Rien n’indique que cela ira vers la Pax Romana… 


Lorsque le vent commencera à souffler dans le landern’Ordre, plus on sera ventousé haut dans le bananier oligarchique, plus le royal séant vivra douloureusement sa chute…


Je ne saurai donc trop inviter nos petits ratons-lav’Ordre, les syndico-plénipotentiaires, ceux-là même qui astiquent plus blanc que blancs les bavures du desp’Ordre et balaient à grands coups de serpillières ses incontinences de tempes-grises autocratiques, à se trouver au plus vite une solution de repli…



Déjà le SNMKR implose de l’intérieur. La FFMKR se démantibule. 


Messieurs les présidents actuels du SNMKR et de la Fédé, collab’Ordres de la première heure, vous ne survivrez pas à sa débâcle. Cessez de vous bercer d’illusions. Votre siège est avant tout éjectable.


N’oubliez pas cette excellente maxime aborigène : si la bouche avale la pilule sans mot-dire et l’estomac digère tant bien que mal, c’est l’anus le dernier juge de pet…


* * *


Cœur des pleureuses, pom-pom-girls hystériques de la Noble Institution pour tous et non hiérarchisée, rassurez-vous, ça n’est pas « l’idée de l’Ordre » qui vient de mordre la poussière (cf. le grand sondage des Skuds où plus de 50% d’entre-nous y restent favorables) mais du nôtre actuel, cet ordre poujadiste, égotique, brutal, boursouflé de sa propre suffisance, chassant incessamment sur les terres syndicales, et surtout honni par les 2/3 d’entre-nous (re-cf. le grand sondage des Skuds, témoignant que l’Ordre présent fonctionne avec moins de 20% d’intentions favorables). 


Tel le phœnix, un nouvel Ordre va renaître de ses cendres, un Ordre moral, épuré, riche de son expérience (et surtout de son inexpérience) passée, au service, cette fois-ci, de la profession et non plus d’une bande de hobereaux endimanchés descendus vers les fastes de la métropole.


Le roul’Ordre-compresseur



L’échec de l’Ordre, si prévisible pour qui n’a pas le nez dans le guidon ni sur le jeton de présence, tient en peu de mots :


Soubassement foncièrement impopulaire: à peine 10% de la profession - les seuls syndiqués - sera appelé à accoucher du divin enfant. Comment espérer « tenir la distance » sur une telle assise à bascule ? Le calcul était certes Pinochiste - on n'est jamais mieux servi que par soi-même - mais terriblement casse-gueule. Une spéculation d’amblyopes en vérité.


Création d’une cotisation ordinale ubuesque, une divagation de fifrelins, un délire de grandiloquence rocambolesque. Cotisation évidemment et instantanément suspectée de corruption, puisque rien, si ce n’est l’appétit gargantuesque de quelques hobereaux de provinces haussés du col et montés vers le luxe de la Capitale et le Moulin Rouge, ne la justifie.


Réponse immédiate du berger à Bergeau ; Alizé, qui, d’abord traité avec dédain et condescendance telle la vile mouche du coche par nos petits cap’ordraux, deviendra au fil des mois leur pierre d’achoppement, le poinçon leur dardant le fessier nobliau, puis leur pierre tombale.


Desseins pharaoniques, dépenses somptuaires, tel pour le CNO (comité national de l’Ordre) que ce palace pharisien de 700 mètres-carrés près de la Bourse, à 43 500 euros de loyer mensuel hors-charge et 440 000 euros de travaux de remise en « Ordre » budgétisé en 2009, auxquels, malgré la forte désapprobation, voire la profonde répulsion populaire, notre bon roi Renié et sa cours versaillaise - toujours si visionnaires - ne sauront jamais renoncer.


L’inénarrable, le dantesque, le burlesque procès de Toulouse où, à l’appel de leur nouvelle égérie autocrate, le président du CDO 31 - à mon sens le meilleur avocat du diable de la cause alizéenne - nos Ordino-barbouzains sont descendus en force, manches retroussées et à grands coups d’avocats (grassement payés par nos cotisations) pour casser du non-cotisant à la gabelle ordinale. Un fiasco retentissant mené de main de maître, incontestablement.


Pour sûr, le CNO aurait du savoir se tenir à Carraud, histoire de continuer à voir la vi(ll)e en rose… 


* * *


Les derniers soubresauts de la bête de Gév’Ordran



Au printemps dernier, le rappel amendé à la loi 1382 rectifiée dénonçant l’illégalité de fait des CDO (comités départementaux de l’Ordre) pour notre profession aurait dû être le premier coup de semonce pour l’Ordre: il perdait de facto tous ses présidents départementaux. 


Mais là Loi est faite pour être détournée…


A grands renforts de « lobbying » sénatorial et d’accords « secrets » passés sur notre peau avec le Ministère de la Santé (et c’est bien là toute la caractéristique des tyrans que d’essayer de contourner les lois républicaines par « copinage ») l’Ordre parviendra de manière illicite et in-extrémiste à sauver ses séants provinciaux. Mais le ver, dès cet instant, fut dans la pomme. Pour sûr le coup de pied au derche hors de l’Eden n’était plus si lointain…


Il vint fin mai pour l’Ordre par la semelle du président du tribunal de Toulouse :


Acquittement des prévenus (les non-inscrits à l’Ordre).


Proscription à toute personne n’exerçant pas de manière effective et authentifiée l’activité de masseur-kinésithérapeute de posséder un quelconque mandat ordinal.


En un mot comme en cent, après la perte programmée de tous ses présidents départementaux, c’est toute la head-office de l’Ordre national, essentiellement trustée par les retraités, les pensionnés, les non-actifs de la profession, et les bouffeurs d’indemnités sur la bête, qui devrait être décapitée.


Rappel à l’Ordre


En clair, que disent entre les lignes les conclusions du procès de Toulouse ?


Que l’Ordre est devenu pour une poigné de tempes grises (des ex-syndicalistes de la head-office du SNMKR et de la FFMKR pour l’essentiel, ainsi que pour une pelletée de jeunes bouffeurs de jetons de présence aux dents longues) un nouveau métier de la kinésithérapie, sans rapport aucun avec la défense de cette kinésithérapie.

Le président de la Cours de Toulouse, du profond de sa province, a parfaitement pénétré cette dérive clanique. Et c’est bien en ce sens qu’il faut entendre sa décision, pétrie de bon sens, que de proscrire de tout mandat ordinal les personnes inactives de la kinésithérapie. C’est la garantie, que nous n’avions plus, d’une intégrité.


Qu’il est insupportable qu’une poignée de pensionnés, de subventionnés, ayant d’ores et déjà fait leurs choux gras dans le métier, puis dans les syndicats, et perpétuant de le faire via l’Ordre, s’autorisent autoritairement, arbitrairement, à mettre sur le « Carraud » vingt professionnels méritants et le bonheur de leurs familles pour l’unique raison que ces derniers se refusent à cautionner les dérapages financiers d’un Ordre somptuaire de compères usinant à leur seul bénéfice.


Qu’Alizé n’avait pas tort de penser l’avènement de l’Ordre non-fondé et illicite, puisqu’il l’est, on ne peut plus.


Que de ne plus s’inscrire au « tableau » ou ne pas payer sa cotisation usurière n’est plus entaché d’illégalité, puisqu’il n’y a pas plus irrégulier que cet Ordre qui nous les réclame.


Donc, acte…


L’Ordre a fait appel de cette décision, sans préjudice, puisque ce sont nos cotisations qui paieront les avocats. Mais gageons que cela ne changera rien. Après l’appel viendra la pioche (qu’il a mauvaise) pour terminer de creuser le fossé qui le sépare, jour après jour, de la profession…


Quel Ordre pour demain ? 




Il va falloir, bien évidemment, trouver une porte de sortie à tout ce fourb’Ordre.


Cela passera inévitablement par la fondation LEGITIME et devenue incontestable de cet Ordre à venir. Seul le scrutin populaire, intéressant l’ENSEMBLE de la profession, et non plus le seul syndiqué, offrira cette assise-là. C’est à ce prix, et uniquement à ce prix, qu’un Ordre pourra enfin travailler sans heurt.


Il faut donc avoir le courage de tout remettre à plat et d’appeler aux urnes l’électorat professionnel sur deux questions élémentaires et fondatrices:


Voulez-vous d’un Ordre ?


Si oui, souhaitez-vous un Ordre sur le model actuel ou sous l’aspect d’une simple chambre d’enregistrement et d’une chambre disciplinaire ?


Une chambre d’enregistrement et une chambre disciplinaire sont la structure basique d’un Ordre ramené à sa plus simple expression. Elles enregistrent les diplômes et gèrent les conflits intra et extra-professionnels. Point. Leur coût de fonctionnement est très faible, probablement aux alentours de 50 euros l’an. Elles n’ont pas besoin d’une représentation départementale. Seule la représentation régionale suffit à leur fonctionnement. Elles peuvent-être annexées ou non (selon le degré de maturité de la profession) à un concept plus large - que possède déjà avec bonheur certaines professions paramédicales - qu’est une « chambre des métiers » incorporant également une représentation syndicale de la profession tendant à « l’intersyndicale », ce qui est évidemment un plus pour la représentativité et au savoir parler « d’une seule voie » face à un Etat fortement répressif. 


Cette solution, chemin de la Sagesse, ne présente que des avantages et aucun inconvénient:


Une structure légère et donc un Ordre peu coûteux.

Un Ordre indépendant de l’Etat et des syndicats. Donc des syndicats non-aliénés au gouvernement. Par conséquent une défense de la profession retrouvée pour des syndicats retrouvés.

Les premières bases d’une « intersyndicale » de fait, forte et unifiée au service de tous.


Quels sont les freins à cette évolution, pourtant de salubrité publique ?


Ils sont essentiellement vénalité, orgueil, carriérisme et profit de quelques-uns:


L’appétence au pouvoir et au luxe de certains ex-syndicalistes, issus du quarteron décideur de la FFMKR et du SNMKR, faisant carrière juteuse ou égotique dans l’Ordre actuel. Il ne décramponneront pas la bête nourricière si aisément…

Le désir, de la part de ces mêmes, de créer un « supra-syndicat » régnant d’une main de fer sur la profession.

La forte pression du ministère de la santé désireux d’avoir un Ordre à ses basques, qu’il protègera, même aux contours extrême de la légalité. 


Entendons-nous bien, ces propos s’adressent à une minorité d’ordinés, mais hélas prépondérante. Il y a dans l’Ordre actuel, indiscutablement, des personnes intègres et soucieuses du mieux-être de leurs pairs, capables d’abnégation et de consacrer de leur sueur et de leur temps à la cause commune. Nous avons un grand respect pour leur engagement. Simplement, à nos yeux, ils semblent qu’ils se soient fourvoyés en un mauvais chemin, souvent par déficit d’information et de communication. Nous ne pouvons donc que les inviter à rejoindre un Ordre moral et à s’y ré-impliquer derechef. 


Il est grand temps que la farce cesse et que, pour la défense d’une profession, représentation syndicale et ordinale cesse de rimer avec chute hormonale…



Léon Truculus

Publicité

Publié dans Leon Truculus

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
G
On ne peut pas empêcher les Hommes de refléchir.Par contre on peut leur mentir délibérément, comme le font :les politiques,les bureaucrates ,les syndicats,les médias,les statistiques.Nous avons manqué de vigilence,de dynamisme, d'ouverture d'esprit,de rigueur.
Répondre
R
... et l'union.
Répondre
D
Je sais comme tout le monde ce qui doit changer mais comment le faire accepter par notre Gouvernement ? Là est le véritable Problème !<br /> Car aujourd’hui, la politique entreprise va nous ramener dix ans en arrière car on ne veut pas d’un kiné qui réfléchit et qui est capable de s’émanciper. <br /> On veut un kiné technicien : une entorse = dix séances ça marche ou pas on en a rien à faire…<br /> Notre force, je crois est dans la possibilité de rédiger des bilans et de pouvoir les communiquer aux Médecins. Le kiné peut et doit s’adapter à la pathologie de son patient.<br />  Le CNO et les Syndicats ont compris que c’est par la reconnaissance d’un savoir et d’une méthodologie que nous pourront accéder à l’indépendance et à un troisième cycle.  Car notre sauvetage ne pourra se faire que par l’Universitarisation.
Répondre
D
Je sais comme tout le monde ce qui doit changer mais comment le faire accepter par notre Gouvernement ? Là est le véritable Problème !<br /> Car aujourd’hui, la politique entreprise va nous ramener dix ans en arrière car on ne veut pas d’un kiné qui réfléchit et qui est capable de s’émanciper. <br /> On veut un kiné technicien : une entorse = dix séances ça marche ou pas on en a rien à faire…<br /> Notre force, je crois est dans la possibilité de rédiger des bilans et de pouvoir les communiquer aux Médecins. Le kiné peut et doit s’adapter à la pathologie de son patient.<br />  Le CNO et les Syndicats ont compris que c’est par la reconnaissance d’un savoir et d’une méthodologie que nous pourront accéder à l’indépendance et à un troisième cycle.  Car notre sauvetage ne pourra se faire que par l’Universitarisation.
Répondre
G
Tout reprendre à zéro!Comment faire alors q'on a pas su,pas pu,et certains pas voulu évoluer de manière raisonnable.Que proposez-vous?
Répondre