HONTEUX!!!
(Ndl : Léon, adepte du parler-vrai mais également du parler-juste, se voit, au vu des dernières informations portées à sa connaissance, dans le souhait de rectifier son précédent éditorial. Rendons à Alain ce qui appartient à Tristan)
Tandis qu’ils nous vendaient doucereusement leur soupe mielleuse du « jeudi de la colère » les trois premiers référentiels de la kinésithérapie viennent d’être entérinés de fait par nos deux bodybuildés « représentatifs », la FFMKR et le SNMKR, en un pieux silence de capucins.
Qui ne dit mot consent.
Il faut dire pour être juste que Monsieur Frédéric Van Roekeghem, représentant de l’UNCAM (union nationale des caisses d’assurance maladie) avait ouvert la séance, tonitruant, en assenant un coup de massue retentissant sur la tête de nos pauvres représentants syndicaux ; l’Ordre des kinésithérapeutes aurait certifié les référentiels de son paraphe. C’était cependant une pure entourloupe de bénédictin de la part de l’émissaire d’Etat puisque l’Ordre, bien au contraire, s’en est insurgé dans un courrier :
LES REFERENTIELS PROPOSES PAR L’UNCAM
L’HAS nous a transmis pour avis différents référentiels ayant tous pour but une limitation du nombre de séances, avant établissement de l’entente préalable. L’Ordre a donné un avis négatif sur ces référentiels parce qu’en eux-mêmes ils sont un référentiel comptable et non clinique. Quand il est écrit que ce ne sera qu’ « exceptionnellement » qu’un accord de prolongation sera donné, on est en droit de penser que ce jugement a priori a des relents de restriction de soins qui ne trompent pas sur les véritables intentions de leurs auteurs.
Notre Code de Déontologie nous interdit d’aliéner notre indépendance ; comment accepter un nombre de séance fixe, alors que c’est notre bilan kinésithérapique qui doit nous aider à déterminer ce choix ?
René COURATIER
Président du Conseil National de l'Ordre
des Masseurs-Kinésithérapeutes
Un référentiel est un nombre maximum de séances accordées par patient et par pathologie. Au-delà, sous une forme ou sous une autre, le patient ne sera plus pris en charge (et remboursé) sauf à grand renfort de dossiers et un véritable plaidoyer de ténors auprès des CPAM de la part du kinésithérapeute et du médecin-prescripteur qui, bien sûr, s’en lassera très vite.
Une première liste « ballon d’essai » a été établie. Bien d'autres sont à venir puisque le projet terminal est le déconventionnement progressif de la kinésithérapie. Notez au passage que la première « victime » de ce futur déremboursement est la rééducation du canal carpien, exclue à présent du champ d’application de la kinésithérapie. Ca n’est qu’un début…
| Pathologie | Nombre Moyen | Nombre retenu |
| Cheville | 11 | 10 |
| Canal Carpien | 13 | 0 |
| PTH | 22 | 15 |
| PTG | 33 | 25 |
| Ligamentoplastie du genou | 35 | 40 |
| Pathologie de la coiffe | 35 | 30 |
Des anticipations forts réalistes ont démontré qu’avec les référentiels c’est à terme 35% de l’activité en kinésithérapie, donc 1/3 des kinésithérapeutes, qui devraient rapidement disparaître.
Si nous ne pouvions encore douter du béni-oui-ouisme gouvernemental qui illustre depuis des lustres la FFMKR « le syndicat qui signe tout », nous noterons au passage la lâcheté devenue chronique du Poulidor de service qu’est le SNMKR.
Mais également, ce silence étourdissant des deux centrales dites « représentatives » devant l’UNCAM, démontre une fois encore que lorsque l’Ordre a parlé (ou prétendument parlé) plus une mouche syndicale ne vole. Ce qui est proprement déshonorant pour deux organisations se prétendant indépendantes tant d’esprit que d’acte, et qui avalise bien la thèse que l’Ordre - à mille lieux de ce que devrait être son rôle originel - serait le seul « vrai » syndicat de la kinésithérapie.
Car voici le réel bilan de nos syndicats dits « représentatifs » :
Culotte baissée,
- Devant l’agression anticonstitutionnelle et sans précédent d’un Etat sur nos retraites (ASV). Attentat qui aurait du finir en toute logique et si nos syndicats avaient fait leur « boulot » devant la cours européenne de justice.
- Devant les dérives sectaires et vénales d’un Ordre sans assise légitime ni constitutive et qui, hors « copinage sénatorial » et si la loi devait être respectée, serait instantanément dissout.
- Devant la légalisation sur l’ensemble de l’hexagone du sous-diplôme de Physiothérapeute des masseurs thermaux d’Aix-les-Bains qui bouteront à vil prix les kinésithérapeutes hors des hôpitaux et des centres de rééducation.
- Devant la non-réévaluation de notre lettre-clé depuis onze ans.
- Et à présent devant les référentiels qui sont le coup de grâce et la future extinction de toute une profession.
Alors, moi je pose la question : Messieurs des syndicats de la Fédé et du SNMKR, pour qui roulez-vous ?
Aujourd’hui, à grands renfort de communiqués successifs, ces deux centrales semblent enfin sortir de leur sidération et de leur torpeur premières en fustigeant vertement la politique Van Roekeghemiène. A les en croire, ils firent démonstrations d’une grande virilité face au représentant des caisses. Une virilité de castrats en vérité. Celle-ci fut largement rétroactive, pusillanime et non sans une grande introspection.
Mais qu’importe aujourd’hui. Seul est à considérer qu’enfin - enfin ! - ils se rebellent, redressent l’échine, et parlent d’une même voix face aux oukases gouvernementaux devenus insupportables de mépris.
Un peu tard direz-vous ?
Il n’est jamais trop tard pour cesser de mal faire.
Nous noterons tout de même avec une certaine satisfaction, même si ce fut en un délai de réflexion qui n’a rien d’épidermique ni de spontané, que pour une des rares fois de la décennie FFMKR et SNMKR parlent de conserve, fermement et sans trop se châtaigner.
Non sans moins de satisfaction nous apprécions - même si c’est a priori un rôle « décentré » - la posture quasi-syndicale d’un Ordre venu (enfin ?) à la rescousse d’une profession en péril, de manière qui a cessé d’être nébuleuse et égotique.
Serions nous à l’aube de quelque chose ? Un semblant de bidule qui pourrait ressembler à terme à la fierté combative retrouvée d’une profession jusqu’alors au ban de la politique ministériele de la santé ?
Allons-nous en finir avec quarante années de guerres fratricides, de querelles de clochers, et rompre avec la logique de l’échec qui nous conduit droit dans le mur ?
Un syndicalisme enfin conquérant ?
Un Ordre enfin au chevet de ses pairs ?
Certes après tant d’années à être remisée, la boîte à claques revendicatrices est encore bien rouillée. Mais qui sait ?…
De son côté Monsieur Pierre Trudelle, l’infatigable mais très fatiguant physiothérapeute, l'énervé de la rédemption par la technologie, poursuit son fossoyage grand-cru de la profession. Toujours dans l’erreur, jamais dans le doute ! Après avoir mis en place l’EPP (évaluation des pratiques professionnelles) dont l’objectif inavoué est de nous renvoyer tous de force sur les bancs juteux de la formation continue (aux mains des deux inénarrables syndicats dits « représentatifs ») transformé la Société Française de Kinésithérapie en Société Française de Physiothérapie (SFP), établit les bases techniques des référentiels, vient tout bonnement de les faire avaliser par la SFP…
Dis Pierrot, tu n’as pas envie de prendre des vacances, histoire que nous, tes ex-confrères, nous puissions à l’avenir continuer d’en prendre encore un peu ?
Léon Truculus