GICARE, quel est notre D'estaing ?
Les Skuds étaient présents, comme convenu, au « Mondial » de la rééducation. Tee-shirts verts à notre effigie, il était difficile de nous louper. Il y a eu, bien sûr, les rares mais incontournables sourires narquois sur notre passage, souvent le fait d'obscurs confrères qui ne disent jamais rien, ne s'expriment jamais en rien, qui ne participent en quoi que ce soit à l'évolution d'une profession, mais qui jugent de toute leur hautaine et suffisante hauteur l'action des autres, dont ils acceptent par contre les dividendes. L'accueil, pour le reste, pour la plus large majorité, fut d'une touchante autant qu'inattendue sympathie. A notre grande surprise, seulement deux mois après notre existence, nous étions connus et avions été lu par nombre « d'institutionnels ». Il importait donc de leurs rendre une petite visite de courtoisie.
L'Ordre et les Skuds :
Courtoisie et disponibilité.
Notre entrée dans le bureau ovale de l'Ordre a d'abord provoqué quelques spasmes massétériens forts perceptibles. D'autant que trois lascars en tee-shirt verts au milieu d'un aréopage de vestes asphaltes, çà pronostiquait davantage du petit-poix lâché comme ballon au milieu d'une partie de foot du FBI qu'à l'assiette au beurre.
Passées les intimidations d'usage, nous avons eu la surprise d'accéder instantanément et sans intermédiaire à un directoire particulièrement cordial et ouvert, en les personnes de Monsieur Couratier, Président de l'Ordre, et de Monsieur Didier Evenou, secrétaire général. Nous avons abordé de nombreux thèmes « sensibles » que vous retrouverez bientôt dans nos colonnes via une interview au cordeau auquel Monsieur Couratier a aimablement, et courageusement, accepté de se prêter. D'autres sujets classés « secret-défense » ne pourront pas être débattus, négociations en cours obligent.
Ce qui est certain, loin des clichés phagocytaires qu'on lui alloue volontiers, c'est la sensation concernée que nous aura laissé cet Ordre. C'est un Ordre qui travaille, bien que dans la tourmente. Il est conscient, tout du moins au sommet de son oligarchie, qu'être institutionnel « en force » ne le légitime pas pour autant dans les cœurs, loin de là, et qu'une indéniable absence du sens de la communication est son point faible. Et cela le souci. Nous ne sommes pas certains pour autant qu'il ait encore pris la réelle mesure de la fronde, ni du pourquoi « profond » de cette fronde, ni qu'il saura en tirer les salutaires leçons. Parfois même, certains sujets auront été éludés d'une manière que nous baptiserons volontiers de désinvolte, pour ne pas dire insouciante ou suicidaire.
Les Skuds considèrent que dans une profession si peu fédérée que la notre (moins de dix pour cent d'entre nous) et donc faible et ouverte à tous les dérapages d'Etat, il importe de posséder des structures vigilantes à nos intérêts, des sentinelles, et l'Ordre, aussi balbutiant soit-il, doit être de celles-là et nous devons lui laisser sa chance de nous convaincre.
Il importe donc à nos yeux de rétablir ce dialogue de sourd et de rendre un Ordre à la profession, à même titre que de rendre une profession à son Ordre.
Alizé et les Skuds :
Bonne-humeur et bon-sens.
C'est avec grande chaleur que nous avons spontanément été conviés à nous asseoir à la table d'Alizé, actuel leader syndical du monde salarial. Après quelques maladroites échauffourées blogesques de la première heure, ce fut avec un réel plaisir que nous avons enfin pu mettre des visages sympathiques sur les pseudos froids et rétablir quelques vérités bien sonnées, car, de toute évidence, Alizé et Skuds ont du pain commun sur la planche, et une affinité naturelle.
Alizé sait que nous ne nous accordons pas sur leur vision que nous jugeons par trop apocalyptique de l'Ordre. Nous lui accordons volontiers un avènement ordinal brouillon, maladroit, gratuitement autoritaire, un déficit de communication absolu, mais pour autant nous ne désirons pas tuer l'embryon dans l'œuf. Alizé, par ailleurs, nous a semblé faire démonstration sur le sujet d'une louable modération nouvelle, davantage en accord avec nos convictions.
Alizé ne méconnaît pas non plus nos critiques sur la pauvreté que peut représenter à nos yeux la mono-contestation, l'Ordre en l'occurrence. Nous avons eu le plaisir de découvrir au travers du débat qu'une assise revendicatrice bien plus large faisait jour en leurs rangs et qu'Alizé présentait à présent une véritable « feuille de route » parfaitement crédible.
De notre coté, nous avons entendu ses remarques sur notre vision « libérale » sans doute trop étriquée. Il est un fait, nous pâtissons de notre « libéralisme » et de notre méconnaissance des affres salariales.
Alizé souffre de son enclavement salarial. Les Skuds, de toute évidence, mobilisent davantage le monde libéral (rapport de 1 pour 20) mais nous partageons le même souci de créer des ponts salutaires d'un monde à l'autre, car nous avons conscience, tel l'aigle bicéphale, que notre destin est lié. A notre sens, sur la base de visions devenues convergentes, Alizé et Skuds ont un grand chemin à parcourir ensemble et beaucoup à construire pour l'avenir de la profession. Nous y travaillerons, conjointement, nous l'espérons.
A la manière de Monsieur Couratier, nos colonnes seront largement ouverte à Alizé dans les jours à venir.