L'argent de la santé

Publié le par Sousou

Régionalisation-acte2
 

 



Avant d'aborder le fonctionnement, les missions et la représentativité des URPS (unions régionales des professions de santé), nous allons aborder l'aspect financier de la protection sanitaire régionale.

Cela ne devrait pas manquer de sel.

 

Avec le tableau suivant, nous pouvons voir les budgets par régions. Nous rappelons que les CRAM vont être transformées en « caisses régionales d’assurance retraite et de protection de la santé au travail » et la gestion de leur budget aspirée vers les ARS (agence régionale de Santé-préfecture).
 

 

Pour une meilleure lecture du tableau:

-ETP : équivalent temps plein : c’est la puissance de travail disponible

-GDR: gestion du risque 

 

Cliquez dessus pour l'agrandir
 

 

 

      


L'objectif principal de la grande restructuration du système et du rôle renforcé de l'état à la tête de la gestion du risque ( entendez gestion des dépenses à ce niveau) est la "régulation des dépenses" voire la diminution drastique des dépenses.


Avec les éléments de ce tableau on peut deviner où les réformes vont faire le plus mal.


Et tous les moyens seront bons, à commencer par la prégnante évaluation des pratiques professionnelles (EPP), pour nous pousser vers un "Développement professionnel continu" (source de revenus qui risque d'échapper au seuls syndicats de la profession; sont pas contents); EPP qui seront l'arme acérée des ARS.

 

Les acteurs planqués
 

Au delà des différences de coûts régionales et même, au delà de la gestion étatique des ARS, il nous faut évoquer ici la mise en place de la gestion du DMP dans les régions pilotes.


Avec, un petit tableau de l'organisation public-privé de la gestion des données: 

      

      Tableau tiré de 01 informatique du 19 mars 2009

 

Santeos

Santéos est une société du groupe Atos Origin dédiée aux enjeux de Santé Publique en France et en Europe.( voir le site de Santeos ).

Atos Origin a pour PDG  M.Breton Thierry, ex PDG d'AXA (2002), ex ministre des finances. L'actionnariat d'Atos Origin se décompose ainsi ( sourcehttp://fr.transnationale.org/):

BNP Paribas:  4,98% France ( Boursorama)

Centaurus Alpha : 11 % Iles Caïmans (Les Echos)

Morgan Stanley : 5,1% Etats-Unis (Boursier.com)

PAI partners :17,9% France (Les Echos) (filiale de BNParibas.)
 
 
Cegedim:
 
Leader mondial du CRM santé, Cegedim conçoit des bases de données exclusives et des solutions logicielles à forte valeur ajoutée. Ces compétences s'exercent dans 4 secteurs :
CRM et données stratégiques regroupe les services dédiés aux laboratoires pharmaceutiques.
dédié aux médecins et aux pharmaciens.( dont la société RM Ingénierie : logiciels +4000 pour les MK)

Assurances et flux de santé :

 

Technologies et services

s'adresse aux entreprises de tout secteur. 
 
Le groupe comprend les marques :
CAM Internacional, Cegedim Dendrite,  MS Mexicana, Segmed, Stacks

 


 

Enovacom:
 
jeune société marseillaise ( 2002) les logiciels d’Enovacom permettent d’organiser les échanges d’informations entre un établissement et ses partenaires : EFS, CPAM, laboratoires d’analyses, Trésorerie générale, etc. Des dizaines de partenaires sont concernés. 
 
Siémens Health services:

axe franco-allemand industriel
fait partie du goupe Siemens
Siemens est la première compagnie d'ingénierie en Europe.
Premier fabricant d'équipement médical en Europe.
Deuxième fabricant mondial d'équipement pour l'imagerie médicale (scanners, appareils de radiologie, d'imagerie à résonance magnétique et d'échographie).
Siemens contrôle environ 80 % du marché des appareils auditifs en Allemagne.

 

Cette mise en place de l'infrasture logistique publique-privée de la santé préfigure les véritables objectifs:

  
Les banques sont attirées par la gestion de la carte vitale pour son flux financier; elles établissent des placements dans l'intervale des dates de valeurs du paiement.

Les assurances  sont prêtes à cueillir les données patient pour du scoring de leur gestion du risque (taux adapté en fonction du profil santé).

Les industriels de la santé s'y positionnent pour des raisons évidentes de contrôle de marché. 
      
Enfin, la France détient le record européen des hospitalisations en milieu privé à but lucratif. 

Les cliniques ne sont plus, dans la majorité des cas, la propriété des chirurgiens qui y travaillent, comme c’était le cas par le passé. Elles appartiennent le plus souvent à des sociétés internationales qui ont des activités dans d’autres secteurs que la santé.


La mise en place du financement des hôpitaux T2a (tarification à l'activité) a comme effet l'orientation de pathologies simple vers les cliniques et les pathologies lourdes vers l'hôpital. 
 

Générale de santé :

Générale de Santé est le leader du secteur privé hospitalier en France avec un chiffre d’affaires de 1 132M€ et une part de marché de l'ordre de 11% fin 2003. A l'étranger, le Groupe est présent en Italie. Avec 149 établissements et centres de soins, Générale de Santé est le premier Groupe européen de soins et services à la santé : Médecine-Chirurgie-Obstétrique, Santé mentale, Soins de Suite et Réadaptation, Cancérologie-Radiothérapie, Diagnostic et soins à domicile.
Général de santé posséde cent quatre-vingts cliniques en France.

actionnaire                                              %

 

 

 

ABN Amro Holding NV                               4,08    

 

 

 

Al Amoudi (famille)                                  2,72


 

 

Amber Master Fund                                 20,21


 

 

Caisse d'Epargne, Groupe                           6,53


 

 

CDC (Caisse des Dépôts et Consignations)      5,95


 

 

Cinven

 

                        18,48

 

CIR (Compagnie Industriali Riunite)               1,17



 

Employés                                                7,55

 


 

Eurazeon                                                 2,7

 

 

 

Franklin Resources, Inc                               5,2

 

 

 

Generali (Assicurazione)                              5

 

 

 

SanPaolo IMI SpA                                      2,42

 

 

 

Vivendi                                                   9,6


 

 

 
Vitalia: 

lié au fonds d’investissement américain Blackstone, dont les actionnaires exigent des taux de rentabilité du capital supérieurs à 20 %. 
 
Les canons économiques du Vingtième siècle sont dépassés, et les mots deviennent trompeurs.

Pour comprendre la fausse antinomie apparente entre "étatisation" et "privatisation", il convient de parler de nationalisation et de
multinationalisation de la santé. La deuxième englobant la première. Nous comprennont alors que le joug d'un "stalinisme" ou d'un "multinationalisme" aura le même effet sur l'artisan libéral que nous sommes, le même aussi que sur un salarié.
 

L'avenir contractuel individuel
 
A l'instar du conventionnement privé façon Almerys (groupe orange telecom) ne faisant pas l'objet de négociations syndicales ni de contrôle en amont des ordres professionnels ( pourtant missionnés pour), nous allons recevoir une série de contrats pour lesquels nous ne sommes pas préparés.

En effet, ces contrats seront modifiables à tous moment pratiquement unilatéralement et nous passerons doucement du conventionnement national d'avec l'assurance maladie vers la contractualisation privée individuelle (et là ça peut faire mal).

Il faudra donc bien faire attention aux signatures que l'on établira, que ce soit pour du tiers-payant de complémentaires maladie ou des accords locaux de la CPAM qui commence à contractualiser régionalement sur de menus services (accord régionaux personnel pour la simplification administrative), histoire de nous habituer.

Et voilà, la boucle est bouclée, une fois contractualisés nous n'aurons guère plus de choix.

Donc, pour résumer:

1-Etatisation de la gestion de la santé.
2-Privatisation glissante sur quelques années.

Il faut s'y préparer, par l'acquisition de compétences, la diversification Hors Nomenclature, par l'adaptation aux langage de l'économie de commerce (Devis, facture, forfait, promos..), la lecture de ce blog et les futures négociations avec ce monde privé multinationalisé ( mutuelles, assurances) dont on  n'attend pas seulement un aval des contrats estampillés par l'ordre, mais bel et bien des revalorisations négociées par un syndicalisme agressif.

Bien sûr , on peut lutter aussi, en diffusant l'information et en discutant avec nos confrères syndiqués pour leur évoquer ces quelques petits soucis d'avenirs, si tant est qu'ils soient eux mêmes dans la lutte ou résignés à nous coller les EPPs.

Pour rester libéral et solidaire, aussi paradoxal que cela puisse paraître, il nous faut créer un secteur 2 plafonné, dans le cadre de nos compétences. Véritable garant, avec l'accés à un enseignement universitaire, d'une indépendance que certains essaient de nous imposer à coup de triques ordinales.

 
 

 

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Publié dans La régionalisation

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P
J'aime biencitation de Arcega"L’affaire est d’autant plus complexe, que les prélèvements effectués sous le pseudonyme de« part patronale », qui devraient pourtant bien être restitués aux salariés si d’aventure un mauvaisgénie faisait disparaître par enchantement tous les organismes sociaux qui reversent les « salairesdifférés"http://www.annuaire-secu.com/pdf/quel-financement-pour-le-modele-social-francais.pdfc'est comme l ASV  l'argent versé pour ton salaire dit différé et ben!!.....maintenant c'est le mien
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P
http://www.annuaire-secu.com/pdf/quel-financement-pour-le-modele-social-francais.pdf
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P
http://www.annuaire-secu.com/pdf/ars-responsabilites-limitees.pdf
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P
http://www.decitre.fr/livres/Dis-c-etait-quoi-la-Secu-Lettre-a-la-generation-2025.aspx/9782752605825
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J
<br /> <br /> Le tout s'inscrit dans la politique de démantèlement des services publics afin de laisser la place aux services concurrentiels. La santé, l'éducation, la recherche, les transports, etc. deviennent alors des secteurs où le profit est le moteur. Les propriétaires des entreprises de services n'ont plus qu'à tirer le bénéfice maximal immédiat de leurs investissements ce qui a pour conséquence de plonger dans la misère un nombre toujours plus important de personnes.<br /> Le système a trouvé sa limite dans la crise actuelle, les gouvernements des républiques bananières continuent. Graeme Allwright (Jusqu'à la ceinture) (http://www.youtube.com/watch?v=mWP4rLMecxg) nous le chantait.<br /> Nous étions au bord du gouffre ; grâce au monocrate et sa fine équipe de lèche-cul, de voyous et d'abrutis nous faisons un grand pas en avant. S'il y avait une solution elle serait européenne, le parlement européen pourrait s'imposer et décider une autre gouvernance. Le principe de réalité nous conduit à constater que nous en sommes loin.<br /> Ne bougez pas braves gens pendant qu'on abuse de vous, les mouvements avivent les douleurs... à moins que ce soit un plaisir pour vous.
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