Reformatage
D'un côté les masseurs kinésithérapeutes qui semblent s'être réveillés d'une longue hibernation de quarante ans, en proposant en choeur, un modèle d'étude séduisant(1) s'intégrant au LMD(licence maîtrise doctorat) européen.
Nous passerons sur les dissensions internes qui enclavaient jusqu'ici la profession dans un modèle bac+2 en 4 ans et une formation continue non validante engraissant surtout les décisionnaires de la profession.
Heureusement pour ces messieurs, ils pourront recycler la formation continue (devenue peu attractive avec 15% de participants) en mises à niveau obligatoires (et payantes) que nous devrons effectuer si nous avons une mauvaises note aux EPPs (passage au tamis du praticien à son cabinet par un super contrôleur).
La manne syndicale de la formation continue sauvée, on peut tomber tous d'accord sur l'universitarisation.
Un axe transversal s'est formé de M.Gatto( CNO), M.Pastor( CNO,ex FFMKR), M.Couratier (CNO,ex SNMKR), M.Marechal(SNMKR), avec ,en satellite M.Trudelle et sa SFK et même M.Lantz d'Alizé pour créer quelques variantes non incompatibles comme le changement du nom de masseur-kinésithérapeute en physiothérapeute et l'abandon progressif du monopole du massage.
Le préalable à l'universitarisation, donc à une véritable autonomie basée sur la compétence est la création d'une discipline en Masso-kinésithérapie.
Car ce qu'oublie systématiquement de préciser tous les pro-ordres, est la création d'un ordre par les professions paramédicales, à l'internationale, postérieurement à une université, et que tous ces professionnels travaillent dans le respect de chacun avec les autres professions de santé.
Obstacle à ces rêves de MK: les médecins et l'état-employeur pour les grilles salariales.
Car de l'autre coté, on a l'état au travers des tutelles, et là, ce n'est pas la même chanson. La réponse se trouve dans un rapport de l'IGAS (inspection générale des affaires sociales): les MK seront licence professionnelle: maintien de la grille actuelle et pas d'accès direct pour le niveau master. Avec instauration de passerelles collatérales ( comprenez aussi délégations de tâches) et donc modification de notre champs de compétence.
La concertation des syndicats est au point mort car ils refusent la licence pro.
Chez les Skuds, nous pensons qu'il est indispensable de soutenir un projet de création de la discipline. Cependant ce ne doit pas être à coup de fausses promesses telle l'accès direct thérapeutique.
Nous pensons que l'ingénierie professionnelle de notre formation initiale actuelle nous permet de prétendre à la première intention thérapeutique kinésithérapeutique dans la ligne de pensée du BDK.
Il y a un point aveugle concernant le massage, qui aurait pu être pris en considération dans ses phases confort et thérapeutique avec des sorties et des passerelles, évitant des conflits stériles futurs et aurait amener dans le champs de la recherche tout le domaine de la palpation, pourtant riche en potentiel.

Il semble qu'il se déroule sous nos yeux le même phénomène que pour la médecine il y a un demi-siècle: la techno-scientificité a éloigné le médecin de la palpation. Là où son aïeul diagnostiquait une fracture "à la main", le médecin moderne demande la radiologie sans autre approche clinique palpatoire. A force de regarder vers le haut, on risque de se pisser sur les godasses.
Aussi, devant le peu de considération de politique de santé cohérente, avec nos 3400 heures de formation de professionnels de santé ( sans compter l'année préparatoire ) nous pensons qu'il est aberrant que nous ne puissions pas masser une contracture musculaire directement. L'état a su contourner la pression médicale en créant l'accès direct aux soins à des non professionnels de santé sanctionnés par 2700 heures de formation, non bacheliers obligatoires et non hospitaliers pour manipuler des articulations( les ostéopathes); et ne nous permet pas de soulager les douleurs de nos patients sans passer par le médecin.
A l'heure ou le premier ministre, Brice Hortefeux, demande "qu'une périphrase soit trouvée" afin de "lever les obstacles juridiques et administratifs" pour que les masseuses thaïlandaises puissent exercer sans tomber sous le coup de l'exercice illégal de la masso-kinésithérapie(2), à l'heure ou les infirmiers se proposent d'utiliser les massages thérapeutiques (3), les Skuds se réservent une initiative de grande envergure pour un accès au traitement masso-kinésithérapeutique en première intention.