Réflexions numériques
Sous des noms de codes qui fleurent bon le 21 éme siècle et l'hermétisme élitocratique, se cachent le groupement d'intérêt public (définition) «carte professionnelle santé» pour le GIP-CPS, le répertoire partagé des professionnels de santé pour RPPS et le diagnostic médical personnel pour DMP.
Telle une fable post-moderne nous avons, dans le rôle du bâton le répertoire (RPPS-n° identifiant unique ddass-adeli-ordre) qui « facilitera le suivi du parcours de santé par l'assurance maladie» et de la carotte le même qui «permettra la simplification administrative» (ref).
Déjà, à ce stade, si une vision cœrcitive et une volonté déguisée de contrôle viennent aveugler la perspective du bonheur dématérialisé de ce projet, c'est que vous êtes définitivement un esprit retors.
S'en suivra une convergence de la carte CPS et de la carte ordinale européenne (courant 2009) avec lecteur «sans contact» (ref). Car le cœur final passera par l'ordre dont le code de déontologie récent stipule à l'article R. 4321-63 :» la collecte, l’enregistrement, le traitement et la transmission d’informations nominatives ou indirectement nominatives sont autorisés dans les conditions prévues par la loi.»
À cela vous ajoutez l'article R. 4321-62 :» il (le MK) ne peut se soustraire à l’évaluation de ses pratiques professionnelles prévue à l’article L. 4382-1» ou nous apprenons que de volontaires (voir l'interview de M.Couratier) les EPP deviennent obligatoires (voir l'interview de M.Trudelle). Vous voilà cadré numériquement et définitivement enfermé dans le flux octet de la nouvelle "procédure de circulation de l'information". Là, les MK croient ainsi qu"il pourra être obtenu l’accès direct du patient au MK, l’augmentation de la rémunération des actes de MK, un droit de prescription élargi du MK…" (voir conclusions de M.Gatto ) alors que la H.A.S y voit l'occasion de nous coller des référenciels (vision surtout économique HAS) nous rejouant la même fable de la carotte «afin d'améliorer la qualité des soins», mais fixant un nombre de séances, un type de traitement pour telle pathologie, le bâton. Le tout dans «une logique de territoire» signifiant, ici, que vous serez «praticien conventionné» que si vous allez là et pas ici. (HAS) ce protocole téléchargeable vous sera fourni.
Là-dessus, vous rentrez la carte sésame vitale 2 de votre patient, contenant son dossier médical personnel (DMP). Il y est mémorisé les 30 séances de sa prothèse de hanche et là s'affiche une alerte, car vous vouliez facturer 31 séances effectuées. Reste un message clignotant à l'écran "à la prochaine tentative, vous serez..."
Bien sûr, il existe un décret de confidentialité où toutes les interfaces montrent patte blanche.
Bien entendu le masseur kinésithérapeute se doit (déontologiquement et économiquement) d'être optimum dans ses techniques.
Il est difficile d'avoir une vision d'ensemble des mesures prises par -ci par-là, qui, isolément semblent inoffensives, mais qui, misent bout à bout prennent une toute autre signification.
Certains diront qu'il s'agit de propos de café du commerce pessimistes, histoire de désamorcer toute prise de conscience.
Ici, nous mettons en perspectives plusieurs mesures pour tenter d'appréhender le dessein vers lequel nous entraînent quelques-uns.
Il s'agit d'une réflexion citoyenne sur la potentialité qu'offre le monde numérique, potentiel exploitable dans le monde des assurances, dans les gestions du risque, potentiel de contrôle feedback de l'activité "libérale". Et ce, de façon quasi transparente pour le praticien.
Aussi est-on en position de se demander (au regard de ce que les mutuelles ont obtenu récemment) s'il est bien éthique qu'une compagnie d'assurance proposant une complémentaire maladie et des contrats classiques (retraites, assurances habitation, assurance vie, etc...) ait accès aux données de remboursement, de manière anonyme ?
Petit MK, bon élève, tu as bien réduit ta fracture numérique, te voilà l'acteur heureux d'un monde simplifié.
D'autres s'occupent de tout, de façon invisible et souterraine.
Des questions demeurent. Que deviennent les archives web de nos logiciels de gestion? Le personnel de maintenance des éditeurs de ces dits logiciels sont-ils tenus au secret médical? Les EPP et leur résultats seront ils rattachés au RPPS? Quels sont les hébergeurs de données santé agréés?