De la Création d'une formation universitaire
Il est une situation révoltante, un « fait du Prince » restée sous le boisseau depuis trop longtemps dans une sorte d'apathie bon-enfant quasi-générale, c'est la mainmise absolue des écoles privées, hautement lucratives, sur notre formation. Etudes de médecine, de dentisterie ou d'infirmier sont à la charge de l'état, ce qui semble logique puisque d'une certaine manière nous nous rapprochons des métiers dits « régaliens » ou, pour être plus clair, des activités humaines hautement placées sous tutelle administrative . D'ailleurs, nombre d'entre nous sont purement et simplement annexés à la fonction publique.
Ce calme assourdissant, ce « silence, on détourne ! » profite bien évidemment à tout le monde... sauf à l'étudiant. Les écoles privées font leur beurre à bas bruit, l'état se désengage d'une formation coûteuse tout en récoltant les dividendes et, nécessairement, les filières belges universitaires font le plein et drainent vers elles chaque année des milliers d'hexagonaux ne pouvant s'offrir ni le luxe financier d'étudier en France ni celui de répondre aux critères devenus élitistes d'un « numerus clausus » franco-français à peine voilé, qui étonnamment, ne s'applique pas d'égale manière à nos frontières. A la manière de ce qu'il se passe dans les secteurs du commerce et de l'industrie, nous assistons à la délocalisation de notre formation à l'étranger pour raison de « coût de production ». Espérons au moins que cette formation ne sera pas un jour estampillée « made in China »...
Pourtant, d'un point de vue éthique « diplôme d'état » et « enseignement privé » forment un curieux mariage de concepts qui devrait faire à nos oreilles l'harmonieuse musicalité de la crécelle désaccordée où de la tondeuse à gazon du voisin, alors qu'on déjeune sur la terrasse par une belle journée d'été...
Nous proposons la fin du monopole des écoles privées. La mise en place d'une formation publique gratuite où le mérite primera sur l'argent et où la formation, de fait, restera hexagonale. Propositions aux enseignants de l'actuel « privé » de rejoindre les chaires universitaires.
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