De la création d'un secteur 2
Après trente ans de quasi-stagnation de nos honoraires, la profession est exsangue et, à force d'être entravé, le « tarif conventionnel » a trouvé nos limites.
Actes hors nomenclature, dépassements d'honoraires quasi-généralisés, salle d'attentes sur-bookées ; « l'enclos conventionnel » craque de toutes parts et le cheptel, d'habitude si docile, a la croupe nerveuse. Il rêve d'un « ailleurs » où l'herbe serait plus verte... Mais nos autorités de tutelles dorment sur leurs deux oreilles et ne l'entendent pas (de cette oreille). Peu à peu, le « meilleur soin au meilleur coût » devient « le meilleur coût, qu'importe le soin »...
Ostéopathie, esthétique... on ne se forme plus pour devenir un meilleur praticien de la kinésithérapie mais pour échapper à la kinésithérapie et à son avenir conventionnel sans joie.
Pourtant, loin, très loin, de « l'infirmière masseuse » de 1946, notre profession est devenue pluridisciplinaire et s'est étayée de nombreuses et méritoires formations post-graduées. Il est temps pour la CPAM d'en prendre acte, de faire démonstration d'un partenariat mature, d'enlever le licol qui bride nos pur-sang et de « lâcher les chevaux ».
Nous proposons la création d un « secteur 2 » de droit à dépassement d'honoraires sur justification d'une formation diplômante (dont il appartient de dresser la liste) affichés en toute clarté dans nos salles d'attente et n'impliquant pas la S.S. qui présentera un tarif de remboursement plafonné et égal pour tous. « Secteur 2 » nous autorisant à nous former, à dispenser plus de temps, plus de techniques, plus de soins à nos patients, au droit à la différence et à l'excellence librement acceptées par la concurrence et par la perspicacité d'une clientèle qui, nous le pensons, n'est pas décérébrée et est en capacité de faire la différence, comme elle sait le faire pour son boulanger, son notaire ou son banquier, pour ne pas parler de son médecin...
Droit à dépassements d'honoraires dans une fourchette de 50% de l'acte (que, pour mémoire, nous désirons unique et à 20 euros) quotité que prendront ou non en charge les mutuelles après négociations. Là encore, le patient sera à même de faire le choix d'une mutuelle « bienveillante » ou non, comme il se fait actuellement pour l'optique, la dentisterie et, tout dernièrement, l'ostéopathie.