Rapport sur le Dossier Médical Personnalisé

Publié le par Vorz

Rapport public annuel 2009 de la Cour des Comptes

Après le gaspillage, l’incurie et le scandale que nous vous remémorons dans l’article précédent, et avec la toute bénédiction de notre Etat, voici le compte-rendu de la Cour des Comptes publié en février 2009 sur le GIP-DMP. Un magnifique acronyme pour résumer le « groupement d’intérêt public du dossier médical personnalisé »

Ca n’aurait pas encore rapport avec la carte vitale au fait ?

La Cour des Comptes, présidée par Philippe SEGUIN, vient de publier dans son rapport annuel un réquisitoire sur ce fameux GIP : 23 millions d’euros gaspillés en 2007, une paille. Au fait le hold-up du gouvernement de Monsieur Sarkozy sur notre ASV, cela représente combien ?

Etabli « en 2005 pour mettre en place un système  informatique donnant aux 63 millions d’assurés accès par Internet à leur dossier médical. »  Pas une mince affaire quant au respect de la confidentialité ! Surtout reporté aux déficiences révélées mais cachées de la sécurité de la carte vitale…

 « Ces ambitions démesurées, en total décalage avec les contraintes techniques et les moyens humains et financiers mis en oeuvre, ont été déçues. »

« La création d’un groupement d’intérêt public a normalement pour objectif le partage de compétences et de responsabilités »  mais « en l’espèce, l’Etat est largement intervenu dans le fonctionnement normal du GIP. »

« Le GIP avait reçu en 2005 pour mission (…) d’assurer la maîtrise d’ouvrage des systèmes informatiques »

Il « a réuni l’Etat, représenté par le ministère chargé de la santé, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) » Rien que ça !

"Le régime général d'assurance-maladie a fourni les ressources financières. Sur 242 M€ initialement prévus pour la période 2005/2008, le GIP n'a cependant reçu et dépensé que 53 M€ entre 2005 et 2007 et moins de 21 M€ en 2008, l’Etat ayant suspendu le projet. »

« Le conseil d’administration, largement dessaisi de son autorité et de sa capacité d’initiative, ainsi que la direction n’ont pas toujours réagi à temps et avec la vigueur souhaitable face aux impérities de la tutelle et aux risques encourus, manquant ainsi à leurs obligations. »

« Le GIP a été soumis au contrôle général économique et financier (CGEFI). Ce contrôle a été exercé avec diligence, mais sans que les mises en garde formulées soient entendues.(…) En 2006, il déplorait, comme la direction, l’insuffisant encadrement du GIP, notamment en matière de pilotage et de marchés publics « tant les carences observées sont patentes ». La direction du budget n’a pas réagi. (…)Les cabinets des ministres successifs chargés de la santé ont exercé la surveillance directe du GIP, en méconnaissant tant les bonnes pratiques que les mises en garde précitées ».

« L’échec de cette gouvernance est ainsi, pour l’essentiel, imputable à l’Etat jusqu’à la révision du projet entreprise en 2007 »

Cependant la CDC reconnaît que « Les efforts fournis par les salariés ne sont pas contestés, mais l’absence de véritable fonction de gestion des ressources humaines et la rotation des responsables du GIP (quatre directeurs et trois secrétaires généraux en trois ans et demi) ont obéré la bonne conduite du projet. »


« Les recrutements ont été mal organisés. Fin 2005, le GIP ne disposait que de 8 salariés. Le plafond d’emplois a été fixé par les cabinets à 38 en 2006 puis à 65 (… )La description initiale des postes a été si inégale que, lorsqu’un consultant a enfin été chargé en 2007 d’examiner la pertinence des rémunérations, des cadres n’ont pu décrire précisément les fonctions de certains de leurs collaborateurs. » 

Pour résumer, ils dilapident des millions d’euros en études inutiles, mal menées, sans aucun but sauf celui de faire tourner une machine inutile. Enfin, pas pour tous, rassurez-vous !

« Une politique de rémunération et une grille salariale ont fait défaut jusqu’en mai 2008. La rémunération brute mensuelle moyenne, CDD inclus, a été élevée (5 169 €) (…) la fourchette allant par exemple de 110 000€ à 55 000€ bruts annuels pour les directeurs et chefs de projet.(…) peu cohérente au regard du marché de l’emploi »  C’est pas beau ? Et l’on nous demande à nous kinés, des référentiels, bientôt des quotas par pathologie ! Comprenez notre colère quotidienne… Bientôt la vôtre nous l’espérons face à cette incurie et ce foutage de gueule.

Ces salaires versés à une « partie des salariés n’ayant qu’une expérience limitée d’opérations d’une ampleur et d’une complexité comparables »

« Le GIP a d’emblée intégré des préoccupations d’assurance de qualité et de sécurité, mais ne les a que partiellement mises en oeuvre. La documentation a été assurée, mais sans certification aux normes ISO, qui s’impose plus encore dans la perspective du regroupement avec le GIP CPS (carte professionnel santé) (…) S’agissant du système envisagé, la CDC avait mis en garde le ministre le 3 décembre 2006 : « le niveau de sécurité proposé est, à ce jour, très limité et constitue un risque majeur vis-à-vis de la confiance à établir dans le DMP » »

« Aucun indicateur quantifié n’a été suivi en dehors du nombre de sites subventionnés (19 pour 24 M€ versés à 55% à fin septembre 2008, la plus importante subvention bénéficiant au « dossier pharmaceutique » mis en place par le Conseil national de l’ordre des pharmaciens) »

« Ainsi, alors qu’il avait la responsabilité d’un projet national de grande envergure s’appuyant sur des expérimentations et des initiatives à travers la France, le GIP a été hors d’état de respecter une part significative des normes internationales en usage (…)Il fallait (…) non pas les deux années assignées, mais au minimum les cinq années dont disposa, par exemple, le GIE SESAM Vitale  à ses débuts, eux aussi difficiles. »

« Plusieurs problèmes significatifs restaient à résoudre fin 2008 :

La CDC a réalisé l’essentiel du portail pour un montant estimé par elle à 7,2M€ et a reçu du GIP un premier paiement de 1,27 M€, mais sans aucun procès-verbal de recette. (…) La CDC avait signé en 2006 une convention provisoire avec le GIP à cet effet - et ce sans mise en concurrence, sans saisine de la commission des marchés et sans en avoir clarifié le fondement juridique. (…) les demandes de la CDC auprès du ministère restant sans réponse fin 2008.  » .


 Magnifique !


Enfin, le pompon : ou comment acheter une bonne vieille Renault 12 au prix d’un Grand Espace…


« Avec une précipitation qui n’était pas de mise, le directeur du GIP a fait approuver en octobre 2006 par le conseil d’administration l’achat des droits de la traduction en français de la nomenclature SNOMED® 3.5 (Systematized Nomenclature of Medicine), sans étude de faisabilité technique et budgétaire.(…) Il ne l’a pas non plus informé que la version acquise datait de 1998 et était abandonnée par neuf des principales administrations à travers le monde au profit d’une version CT s’étendant à la recherche médicale. (…) De la sorte, le GIP a ouvert la voie vers des dépenses indéterminées aux dépens de l’Etat, voire de l’assurance maladie, pour un outil dont il n’est pas certain qu’il reste en phase avec les orientations prises par la communauté internationale. »

Pour conclure la Cour des Comptes indique que « A l’impression de flottement qui en résulte correspond la poursuite de dépenses de fonctionnement dans des conditions qui n’en garantissent pas la totale pertinence.(…) La disparition anticipée du GIP souligne son échec. Cela ne doit pas faire oublier l’ampleur des travaux menés en peu de temps et dans des conditions très difficiles. »


En caractères gras et majuscule que nous rajoutons, le rapport conclue:


 « LA RESPONSABILITE EN INCOMBE PRINCIPALEMENT A L’ETAT »


Nous espérons que ce résumé vous aura éclairé sur ce rapport de la Cour des Comptes et de l’usage de vos impôts, de la stagnation de votre lettre-clé, du manquement de l’Etat sur le financement de votre ASV et de l’idée que ce fait le gouvernement sur vous pauvres voleurs.


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P
les syndicats de kinés y seront .<br /> Conférence publique<br /> Jeudi 9 avril 2009 de 9h30 à 18h00<br /> « Agir ensemble pour soigner mieux. »<br /> Présentation du programme de relance du DMP et des systèmes d'information partagés de santé, en présence de Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la santé et des sports et avec le concours des acteurs représentatifs du monde de la santé.<br /> > Ministère de la Santé et des Sports, Salle Laroque - 14 avenue Duquesne, 75007 Paris<br />
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A
Nouvelle orientation : DMP = DM PRO ? 13/03/09 - Dans son plan de relance du DMP remis au ministre en avril 2008, Michel Gagneux recommandait de promouvoir le concept de "dossier médical professionnel". Aujourd'hui président du GIP éponyme, l'auteur de ce rapport ne se doutait sans doute pas que son idée serait aussi rapidement reprise. Dans son dernier CSMF Actu, le premier syndicat médical de France indique en effet que "lors du MEDEC, la CSMF et l'AMEI, Association médicale d'échanges informatiques, ont présenté le DM PRO, dossier médical professionnel". Accréditant le rapprochement entre l'outil prévu par la loi du 13 août 2004 et le projet confédéral dont les développements sont assurés par le groupe Cegedim, le projet a reçu un soutien du président et du directeur du GIP DMP, ce dernier ayant "salué et encouragé cette initiative qui va dans le sens des orientations souhaitées par l'ASIP". Pour ne pas être en reste, la CNAM était représentée par son directeur, Frédéric van Roekeghem lors de la conférence-débat intitulée "Améliorer la qualité et la coordination des soins avec le DM Pro". A noter que "l'Assurance maladie a annoncé le déblocage des fonds FORMEL pour encourager les médecins à compléter leur informatisation vers des dispositifs communicants et interopérables". > Lire le communiqué AMEI http://www.csmf.org:80/index.php?option=com_content&task=view&id=699&Itemid=541 > Consulter le portail DM PRO : http://www.dmpro.fr
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V
Je connais pas JP Pernod. Pernaud, oui, de nom; Si le style défrise, ce n'est pas grave, nous n'avons pas les manières policées de la fédé, cela se sait depuis longtemps. Nous sommes insolents, cultivons  le pamphlet, les à-peu-près, l'exagération et certains, de plus en plus nombreux apprécient.Pour le style monde diplomatique, faut aller voir ailleurs. Nous n'avons pas dit tous pourris... Il y a beaucoup d'élus qui ont notre profonde admiration, reconnaissance et admiration. Même notre bon roy René, on ne lui trouve pas que des défauts. C'est pour dire! 
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T
Ce rapport est éloquent, il faut le connaitre, merci de nous le communiquer. Le gaspillage de fonds publics est honteux, indéfendable.Les commentaires aux relents poujadistes sont cependant douteux. J'ai l'impression d'écouter Pernod et combien ça coute, sur "l'excellent TF1".... "Haro sur les élus, tous pourris!!!"Soyons responsables et adultes, pas teigneux et revanchards.
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