Du principe et de la revalorisation de l’acte unique
L'acte unique
Nous ne nous lassons pas d'être admiratifs face à la longévité et à la bonne santé de cette incongruité moyenâgeuse qu'est le « coefficient flottant ». Nous n'avons pas connaissance par ailleurs que nos amis médecins généralistes soient de leur coté mieux ou moins bien rémunérés selon qu'ils s'adressent à un rhume des foins ou à une S.E.P. ou qu'ils aient à souffrir sous la férule d'une NGAP ?
Nous opposer un « horodateur tarifaire » est le témoignage d'une profonde méconnaissance des réalités de terrain ; il n'y a pas de pathologie plus « facile » qu'une autre, il n'y a pas de secteur plus « noble » de nos compétences. De plus, soyons pragmatiques, dans notre pratique quotidienne nous ne modulons pas de manière si significative que cela nos temps de rééducation en fonction des prescriptions rencontrées.
Nous pensons que l'obscurantisme et la complexité de la NGAP sont désirés et entretenus par l'autorité de tutelle comme outil de contrôle. Elles permettent une mal-revalorisation incolore et inodore de nos honoraires, traités secteur par secteur, qui ne serait que trop patente avec l'acte unique. Cette complexité a également pour mission un directivisme médical à peine voilé en « sponsorisant » ou en « asphyxiant » à sa guise des secteurs entiers de nos prérogatives thérapeutiques selon les besoins de la Politique de Santé générée par l'Etat.
Volonté de simplification clame sans sourire la CPAM ? Nous voudrions bien le croire si la disparition dernière de nos actes à coefficients multiples ne s'était pas instantanément soldé par l'apparition d'un florilège très coloré de nouvelles lettre-clés (AMS, AMK), jusqu'à cette surprenante péripétie que représente le tronçonnage nomenclateur de nos indemnités forfaitaires de déplacement en cinq sous-ensembles (IFO, IFP, IFN, etc.) pour parvenir... au même tarif !
La revalorisation de notre lettre-clé
A coup de non-revalorisation, notre pouvoir d'achat fond comme neige au soleil. Quid des responsabilités ? Dans ce contexte où chacun montre l'autre du doigt, il est bien difficile de le définir, mais, et c'est un fait incontestable, la « Guerre des Trente ans » est belle et bien perdue...
Autre fait incontestable, c'est que les fédérations de médecins savent mieux défendre le pouvoir d'achat de leurs pairs. Pourtant, à l'origine, notre lettre-clé était liée à la leur et évoluait aimablement de concert - c'était l'Eden. Seule une malencontreuse ambition d'émancipation de nos syndicats d'alors nous a fait croquer la pomme à pleine-dent et rompre l'alliance ancestrale pour chevaucher tête-bêche vers des plaines moins fertiles et les jours de disette. Il est évident que ce divorce a été à nos frais et que nous avons perdu un puissant allié...
Nous proposons le retour au pacte ancestral avec les médecins, scellé au sceau conventionnel, afin que la CPAM soit tenue de revaloriser nos honoraires selon la même fréquence et dans les mêmes proportions que ceux du généraliste.
Nous préconisons comme préalable aux négociations un acte unique à 20 euros.