La Carpimko et la compensation nationale

Publié le par Vorz


    Tout le monde sait ce qu'est la Carpimko... en gros. Et grosse est en général ressentie la cotisation. Nous allons rappeler aux étourdis les définitions de base. Les instruits pourront aller directement au second chapitre beaucoup plus savoureux...


    1/
La CNAV-PL:
 
    La Carpimko est l'une des onze caisses composant la
Caisse Nationale d'Assurance-Vieillesse des Professions Libérales:


            * Chirurgiens-dentistes
            * Médecins
            * Vétérinaires
            * Sage-femmes
            * Agents d'assurance
            * Experts-comptables
            * Officiers ministériels
            * Pharmaciens
            * Notaires
            * Cipav (architectes, géomètres, moniteurs de ski... 150 professions.)

    Les cotisations se répartissent en quatre éléments:

            *
Le régime de base:             8.6% pour les revenus jusqu'à 28000 euros
auxquels on ajoute:                           1.6% pour la part de revenus au-dessus.
            *
Le régime complémentaire: 992 euros plus une part proportionnelle pour les revenus supérieurs à 25000 euros
            *
Le régime des praticiens conventionnés: (notre fameux ASV!): 133 euros. Pour plus de détails sur l'
            *
Régime invalidité-décès:     646 euros

Ces trois régimes de retraite et celui de prévoyance sont
TOUS obligatoires.
L'ASV à la particularité de voir les 2/3 de son montant payés par l'assurance-maladie (267 euros pour 2008) en échange de notre conventionnement. Et il est d'un rendement assez exceptionnel: vous payiez 77 euros (167 en 2009) pour toucher 4500€ par an à la retraite! 48% de rendement. On a rarement matière à se réjouir à ce point.


    2/
La Compensation:

        La Carpimko a le très avantageux rapport de
4.78 actifs pour un retraité (2007) et même s'il diminue année après année il reste un record. C'est bien là notre problème. Comme notre régime est excédentaire, il a été décidé que par solidarité nous paierions pour les caisses moins bien loties: cela s'appelle la compensation et cela fait 34 ans que cela dure. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, nous avons l'immense honneur de payer TROIS compensations, aujourd'hui regroupées en une. En 2006 la Carpimko a versé la somme de 495 millions d'euros. Allons-y:


            *
La compensation nationale: depuis 1974 les caisses excédentaires paient pour les caisses déficitaires. Pour dire les choses clairement, les kinés participent aux retraites des agriculteurs, secours minier, caisse des cultes, des militaires, des cheminots etc.

            *
La compensation interne: c'est le deuxième service et il intéresse donc les autres CNAV-PL déficitaires. 204 millions en 2007, autant dire une paille. Citons les dentistes, pharmaciens-biologistes, sage-femmes, agents d'assurance, vétérinaires, notaires, géomètres, huissiers de justice. La liste est longue.

            *
La compensation à l'ASV: 437 000 euros versés. Et là ce sont les chirurgiens-dentistes, pharmaciens et directeurs de laboratoire d'analyse qui en croquent. Des professions à petits revenus en quelque sorte.

        L'idée de compensation ne nous pose pas un problème en tant que tel. Nous ne sommes pas contre la solidarité. Mais jusqu'à quel point? Ce principe est d'autant plus contestable qu'il est à trois niveaux mais surtout que l'Etat ne tient pas ses engagements sur l'ASV et que ce sont les plus petits salaires (nous) qui paient pour les plus gros (notaires, dentistes, pharmaciens etc.)!

       Quand un Pimko verse 100 euros, 64 partent vers la compensation, donc vers d'autres caisses! Qui paiera nos retraites quand notre point d'équilibre minimal sera atteint? Les notaires? Les agriculteurs? Elle se fait essentiellement sur le régime de base et comme elle repose sur un principe législatif, elle ne peut être supprimée sans une nouvelle loi. Rassurez-vous, cela ne fait pas du tout partie des intentions ministérielles. Reconnaissons à nos syndicats une certaine union en revanche surtout pour la compensation à l'ASV que le ministère a accepté de supprimer pour le PLFSS2009. Pourquoi le politique accepte? Parce que cela ne lui coûte pas cher: la Carpimko verse seulement 437 000 euros pour cette compensation. L'Etat ne se fâche avec personne et les syndicats peuvent se pousser du col et rouler des mécaniques sur une superbe victoire. C'est à se pisser dessous.
    Pour être tout à fait honnêtes, sachez également que les salariés participent aussi à la compensation et que les caisses agricoles sont les plus déficitaires. Vous savez maintenant où part votre argent.                                                                                (source: Carmf.fr)  
   
    La compensation que nous payons ne peut-être dénoncée. En revanche il n'est pas utopique de penser qu'elle pourrait être "allégée". En effet nous représentons les plus faibles revenus et nous payons en partie les retraites de professions bien mieux loties. Certains syndicats proposent de tenir compte de nos revenus plutôt que de notre seule démographie. On verra le résultat de leur action. Enfin depuis 1974 on n'a pas vu grand'chose à part des effets de manche sur ce dossier.

    Pour finir, nous apprendrons ou rappellerons qu'en mai 1995 la Carpimko a versé à la banque Pallas-Stern alors en cessation de paiement la somme de 30 millions de francs. Quand on sait que notre caisse est logiquement contrôlée par des commissaires aux comptes et autres experts, qu'elle n'est pas réputée pour ses placements à risques (mais plutôt obligataires), on penche alors pour une affaire d'Etat. Pourquoi cependant aucun administrateur à la suite de monsieur Boide, n'a alors cherché à recouvrer cette somme? On peut dire qu'ils ont tous été très peu diserts sur ce fric-frac, voire même amnésiques. Ils sont donc complices. Nous vous donnerons prochainement d'autres détails sur ce joli moment carpimkesque.

   


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Publié dans Carpimko & co

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D
exemple détournement de l'état<br /> citation<br /> " PLFSS 2009 : Le Gouvernement détourne les crédits de la CNSA ! (CH-FO)<br /> <br /> L'étude du PLFSS 2009 nous apprend qu'une partie de l'effort consenti vers le secteur médico-social, avec des crédits annoncés en hausse de 6,3 %, provient des excédents de la CNSA.<br /> <br /> Ainsi, le Gouvernement envisage de financer des mesures nouvelles de fonctionnement par des crédits non pérennes, en rupture avec toutes les règles de bonne pratique budgétaire et contre l'avis des organisations présentes au Conseil d'Administration de la Caisse Nationale.<br /> <br /> Le CH-FO dénonce cette pratique s'apparentant à de la cavalerie budgétaire et à un détournement de fonds destiné à compenser le désengagement progressif de l'Assurance Maladie du secteur médico-social.<br /> <br /> Alors que les besoins, notamment en investissement, sont criants dans le secteur des personnes âgées, il n'est pas acceptable que la CNSA réalise chaque année des excédents.<br /> <br /> Constatant l'écart de plus en plus grand entre les annonces et les politiques réellement mises en œuvre une telle situation, le CH-FO demande au gouvernement de :<br /> <br /> <br /> - Revoir à la hausse les niveaux de subvention publique aux promoteurs de projets retenus. Aujourd'hui, le taux de subvention pour une opération de construction ou de restructuration excède rarement 30% du montant total des travaux. Et il faut préciser que les collectivités territoriales interviennent pour parvenir à un tel résultat (Régions, Départements).<br /> <br /> - Maîtriser le « reste à charge » pour les résidents hébergés en EHPAD. Pour cela, il faut ne plus faire peser la plus grande partie des opérations d'investissement sur le prix de journée hébergement.<br /> <br /> - Reconsidérer les conditions permettant le transfert des charges liées aux intérêts d'emprunt sur le budget Assurance Maladie, afin qu'un plus grand nombre d'établissements puissent en bénéficier.<br /> Publicité<br /> <br /> En savoir plus:
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